Quiz : solution et traduction

samedi 3 mai 2008
par  Jean Charvoz

Chers amis, voici la réponse au quiz proposé dans l’article précédent « Quiz architectural et urbanistique »

L’ingénieur architecte romain Vitruve a écrit ce texte au premier siècle avant notre ère.

En voici la traduction.

1. Dans une grande et célèbre ville de la Grèce, à Éphèse, il existe, dit-on, une vieille loi à laquelle on a attaché une sanction sévère, mais juste. Tout architecte qui se charge d’un ouvrage public, est tenu de déclarer quels doivent en être les frais, et une fois l’estimation faite, ses biens passent comme garantie dans les mains du magistrat, jusqu’à l’accomplissement des travaux. Si les dépenses répondent au devis, on lui accorde des récompenses et des honneurs ; si elles ne dépassent l’estimation que du quart, on a recours aux deniers publics, sans qu’il soit contraint de subir aucune peine ; mais si elles montent au delà du quart, on prend l’excédant sur ses biens.


2. Combien il serait à souhaiter que les Romains eussent une loi semblable, non seulement pour leurs édifices publics, mais encore pour leurs bâtiments particuliers ! l’impunité n’autoriserait pas les désordres de l’ignorance ; il n’y aurait que ceux dont l’habileté serait reconnue qui oseraient exercer la profession d’architecte ; les pères de famille ne seraient point jetés dans ces dépenses excessives qui les ruinent ; les architectes arrêtés par la crainte d’une peine, apporteraient plus de soin dans le calcul de leurs dépenses, et l’on verrait s’achever les édifices pour la somme qu’on se proposait d’y employer, ou peu de chose en sus. Car celui qui veut dépenser quatre cent mille sesterces à la construction d’un bâtiment, peut bien y en ajouter cent mille autres pour avoir le plaisir de le voir terminer ; mais quand les frais se trouvent doublés, plus que doublés, on perd toute confiance , on ne veut plus entendre parler de rien, on se voit ruiné, on n’a plus de courage, on est forcé de tout abandonner.

3. Et c’est un vice qui ne frappe pas seulement les édifices, on le voit encore s’attacher aux préparatifs que les magistrats font faire dans le Forum pour la représentation des jeux des gladiateurs et des acteurs. Point de délais, point de retardements pour ces sortes de choses ; il faut, à heure dite, avoir établi les gradins pour les spectateurs, étendu les voiles, dressé les machines, fait, en un mot, toutes les dispositions que nécessitent les spectacles donnés au peuple. Ce sont des choses qui exigent toute l’expérience, tout le soin, toute l’application d’un esprit exercé, et dont on ne peut venir à bout sans avoir étudié l’art de faire des machines, sans avoir acquis de nombreuses et solides connaissances.

4. Toutes ces considérations me font penser qu’il ne serait pas inutile, avant de commencer ces travaux, d’examiner avec soin ce qu’ils peuvent coûter. Mais comme il n’y a ni loi ni ordonnance qui prescrive de telles mesures, et que tous les ans les préteurs et les édiles sont obligés de faire préparer des machines pour les jeux, j’ai cru, ô César, qu’il était à propos, après avoir traité des édifices dans les livres précédents, d’expliquer dans celui-ci, qui va terminer le corps de cet ouvrage, quels sont les principes qui doivent diriger la confection des machines.

VITRUVE


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