Témoignage de Madame Andrée Berjaoui

mardi 21 novembre 2006
par  webmestre

C’est dans un petit pavillon du quartier – rue de Bagneux- que j’ai vu le jour il y a quatre vingt deux ans.

Depuis je n’ai pas quitté Sceaux sauf pendant quelques années de ma petite enfance lorsque mon père, fonctionnaire des PTT a pris un poste à Mantes-la-Jolie, puis est revenu pour assurer le poste de Receveur de la Poste de Sceaux jusqu’à sa retraite.

Dans cette maison construite avant ma naissance, se sont écoulés mon enfance, ma vie scolaire, puis lycéenne à Paris(Lycée Paul Bert) et enfin étudiante. Autour de nous, des champs cultivés par des maraîchers, des sentiers ombragés et un petit cours d’eau, la Bièvre, qui serpentait plus bas.

La vie au milieu de cette nature était très agréable et de nombreuses promenades s’offraient à nous : le jardin de la Ménagerie, le parc de Sceaux que mon père connaissant très bien puisqu’il s’occupait de l’installation téléphonique au château habité à cette époque par des propriétaires privés, le Grand Arbre de Robinson…

La capitale proche desservie par un petit train à la locomotive haletante nous arrêtait à Denfert Rochereau d’où on prenait le métro pour les achats dans les Grands Magasins.

J’ai encore en mémoire la grande sortie à l’Exposition Coloniale de 1931 car la visite d’un village de pygmées d’Afrique m’avait beaucoup frappée et intéressée.

La facilité d’accès vers Paris, qui au fil des jours s’est modernisé par étapes successives, est un ouvrage considérable que j’ai toujours beaucoup apprécié.

Après la déclaration de guerre 1939-1940, nous avons voulu fuir en 1940 devant l’avance de l’armée allemande et la famille s’est séparée. Je suis partie avec des voisins à pied vers le sud de la France. Arrivés à Etampes juste après le bombardement nous avons pris le train de marchandises continuellement attaqué par l’aviation et qui, rattrapé par l’ennemi, nous a laissés finalement près de Poitiers. Après quelques jours, des camions nous ont déposés à Sceaux, un Sceaux qui n’avait pas changé, immuable, calme, relativement épargné pendant toute la guerre. Le jour de la libération de Paris en juillet 1944, nous avons accueilli et fêté les premiers chars « Leclerc » sur la Nationale 20 à Bourg-La-Reine. Un de ces chars est exposé au carrefour en bas de l’allée d’Honneur.

Alors, nous avons bénéficié pendant plusieurs années d’une vie culturelle intense à Paris : spectacles, concerts de la Salle Playel, grands cinémas (films intéressants)….

Plus tard la proximité de l’aéroport d’Orly a favorisé ma passion pour les voyages lointains (Russie, Moyen Orient, Chine). Mes études universitaires m’ont conduite au métier de professeur que j’ai exercé dans les communes voisines de 1945 à 1975.

Un premier mariage en 1947 a été interrompu en 1952. Faute de trouver un logement, nous habitions chez mes parents et en réalité, je ne me suis jamais résignée à quitter Sceaux. J’ai alors décidé de construire ma propre maison en 1954 rue de la Marne grâce à la donation d’une partie du terrain familial.

Remariée en 1955 avec un peintre libanais, ma résidence o été bien fixée. J’ai élevé trois enfants qui ont fait leurs études aux lycées Marie Curie et Lakanal puis dans les universités de Paris. Tous les trois mariés exercent une profession, ont des enfants mais sont dispersés un peu loin de la maison familiale. C’est une occasion pour voyager mais je suis heureuse de regagner mon logis.

Malgré les constructions nouvelles, beaucoup de verdure m’entoure. Le calme de l’endroit est remarquable. Le plaisir d’être si proche de la nature est immense surtout lorsque l’on entend le chant d’une foule d’oiseaux qui n’hésitent pas à faire leur nid près de la maison.

Retraitée de puis 1987, j’ai pu continuer mes activités éducatives et culturelles avec la Chine, très enrichissantes, ouverture que j’ai eu l’occasion de réaliser suite à la prise d’un poste à Paris en relation avec le Ministère de l’Education Nationale (Relations Internationales).

Tous les ans de 1985 à 2001, j’ai organisé des voyages de groupes d’enseignants d’abord, puis de différents horizons dont des missions médicales à travers toute la Chine, avec succès.

Grâce à mes relations privilégiées avec es professeurs des universités chinoises, j’essaie de développer les échanges franco-chinois et d’apporter à mon vécu choisi de vie quelques connaissances du monde extérieur.

Madame Andrée BERJAOUI


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